Salomé

 

 INTRODUCTION

Salomé fait partie des poèmes où Apollinaire évoque la peine causée par la perte d’Annie Playdan. Cruauté de la jeune fille à l’égard du poète transposée sur le plan légendaire. Il donne un sens universel de sa situation, il voit ici l’illustration de l’éternel féminin.

                                                                                                         

 

I.                    STRUCTURE DU TEXTE

 

- 3 quatrains constitués d’Alexandrins à rimes croisées donc 3 strophes isométriques (= même longueur vers)

- 2 strophes hétérométriques -> 4e strophe constituée = 3 alexandrins et 1 déca. Rimes embrassées et plates. sonorités : voyelles claires fin ¹ son aigus du début.

- Temps et époques : structure complexe

-  2 premières strophes : temps passé, rêve + ce qui est perdu à jamais + regret

- 2 dernières strophes + vers futur (impératif à valeur futur proche et futur)

- 3e strophe = charnière car pas V. danser qui assure cohérence poème. Au présent à partir duquel s’élaborera le futur de la suite.

2 premières strophes évoquent danse angélique et les deux dernières une folle sarabande (jeu bruyant, vacarme). 3e strophe = passage d’une strophe à une autre par l’image de désolation et d’un être insouciant.

 

 

II.                  TON ET PERSONNAGE DE LA SOUFFRANCE À LA JOIE

 

-« je danserai » : irréel + chagrin + regret par le conditionnel (1ère occurrence de DANSER)

-(2nde strophe) imparfait dans « dansait », un souvenir honteux à jamais perdu. 3e « dansez » à l’impératif = volonté de se reprendre (4e strophe)

-espoir d’une joie exubérante retrouvée en même temps que insouciante

-évolution pers = évolution pronoms pers qui accompagnent DANSER (st 1 et 2 jeu = souffrance de Salomé, st 3 « je » et « vous » Salomé se sépare de son aventure perso, st 4 et 5 invitation de tous à participer à son insouciance retrouvée -> évolution rapide de Salomé de strophe en strophe marque son incohérence)

Jean Baptiste cité juste 1 x à la 1ère strophe, elle répugne par cœur et par pudeur à prononcer le nom de sa victime, seule sa disparition est évoquée, c le contexte qui permet de découvrir la tragédie au fil du poème. (allusions tout le long)

- la mère qui est aussi amoureuse de Jean Baptiste est associée à Salomé dans la tristesse et la culpabilité. cette dernière comprend trop tard les liens qui l’unissaient à Jean Baptiste (« mon cœur battait »)

-lys (2nde strophe) : symbole royauté, impression pureté et innocence en même temps que cour fixe. 3e strophe il s sont flétris.

Jean Baptiste n’est plus et le présent de la 3e strophe laisse place aux imparfaits qui éternisent le bonheur. A partir de ce moment, Salomé emploie un ton brutal pour nier sa responsabilité et condamner Hérode pour le crime commis.+ suivi images de deuil, rythme alexandrin brisé. 5e strophe, Salomé tente oublier sa souffrance en s’étourdissant d’action. Le cortège funèbre parodie la gravité de l’enterrement avant de céder place à la dérision. Pathétique mêlé au comique. Répétition conjonctions et pronoms rythme la rapide ronde enfantine et passage aux hexasyllabes accentue cette accélération irrésistible. Marche funèbre = endiablée, vision de folie dans laquelle la souffrance est prétexte à la joie.

 

 

 CONCLUSION

Inconstance de la femme, dans bonheur et souffrance. Fantaisie mais reste pudique. Une grande souffrance est masquée dans ce texte de facture plutôt classique. Apollinaire tente d’ exorciser l’image d’Annie Playdan qui le tourmente. Cette dernière est à la fois jean Baptiste et Salomé.