LES CHEVEUX D’OR

 

 

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Introduction

   Le sonnet est un modèle de la préciosité pétrarquiste : l'amant y est à la fois prisonnier, brûlé et mortellement blessé mais comment ne pas accepter la souffrance qui lui vient d'une telle ennemie.

Lecture

Annonce des axes

Etude

I/ La souffrance amoureuse :

     Chacune des trois propositions du premier quatrain contient une métaphore. Elles mettent en scène le sujet amoureux.
     - 1ère métaphore met en relation les cheveux de la femme qui deviennent des liens. Elle souligne le servitude de l'amant prisonnier.
L'amant prisonnier de la beauté de la femme. "Les cheveux d'or". L'état amoureux est décrit dans la chronologie de ces effets. En effet, au vers 2, le passé simple renvoie au moment de la naissance de l'amour et le présent du vers 1 met en évidence le caractère vivace de cette séduction.
     - La 2ème métaphore est développé au vers 3. Elle assimile l'amour à une flamme qui brûle "éprise". Cette métaphore exprime la violence physique de l'émotion ressentie, violence traduit aussi par le resserrement du vers 3.
     - La 3ème métaphore contenue dans le dernier vers est une métaphore pétrarquiste par excellence, celle qui exprime le pouvoir du regard de la femme.
     Les mêmes métaphores sont reprises au vers 8 et sont ensuite développées dans le tercet.
     Entre les vers 7 et 8 , il y a un paradoxe. Il tient dans le fait que ces métaphores disent à la fois la souffrance du poète et les remèdes pour y échapper de manière symétrique, vers 11 briser par " le fer ".

     Pour la 2ème métaphore, il y à la même symétrie entre le remède et le mal.
     En développant et en filant les mêmes métaphores que les quatrains, les tercets de ce sonnet constituent une amplification de la sentence paradoxale exprimée au vers 7 et 8.
     La disposition des métaphores permet de remettre en évidence la structure binaire du sonnet qui s'articule autour des vers 7 et 8.


II/ Idéalisation de la femme aimée :

     La présence de l'amour sur le poète présente la femme aimée en figure dominatrice et cruelle, habile à faire souffrir. vers 6 " le coup de main ".
     Elle est présente dans ce sonnet dans la mesure où la discourt prend la forme d'une interpellation directe, vers 1 " Madame ".
     Cette apostrophe souligne la distance entre le poète et la femme aimée. Distance qui témoigne de la froideur de cette femme, froideur qui contraste avec l'ardeur de la confession amoureuse.
     L'amante est physiquement représentée par le procédé de la synecdoque.
     Le procédé participe à l'économie de se sonnet. Seules sont mises en évidence les caractéristiques qui ont provoqués la passion, l'amour du poète. Paradoxalement, ces éléments qui sont à l'origine de la souffrance du poète reçoivent des qualifications élogieuses.


III/ Le paradoxe de l'état amoureux :

     Le paradoxe dans le portrait élogieux de la femme, en opposition avec ses pouvoirs destructeurs, paradoxe introduit par " toutefois ".
     L'évocation de la souffrance du poète plus inattendue encore la révélation du vers 7. Là où le lecteur s'attend à une lamentation du poète, l'accumulation des trois verbes " j'aime, j'adore, je prise ", et leur gradation rend plus paradoxal encore les sentiments exprimés. Les trois verbes positifs au vers7 sont repris de manière négative au vers 8 " étreint, brûle, entame ", de plus, le " je ", poète en position de sujet se retrouve en position d'objet au vers 8 soulignant ainsi l'ambivalence des sentiments.
     Les deux tercets s'attachent à souligner la situation paradoxale développée par le poète, ce qui précise l'emploi de " donc " au vers 9 et le " du " au vers 11.
     Dans les tercets, ce sont les remèdes qui sont indiqués mais ils sont directement repoussés par la construction négative du vers 11.
     Le refus du vers 11, reprend l'énumération du vers 9.


Conclusion

     Dans ce sonnet, Du Bellay insiste sur la classe de l'amant douloureusement traité par la dame, en dépit de ses souffrances et connaissant les remèdes, il ne veut pas renoncer à sa relation amoureuse.

 

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