ZADIG
INTRODUCTION :
AUTEUR : Voltaire (1694-1778) exilé en Angleterre (censure). Un
des philosophes les plus actifs de son temps. Il a fréquenté Frédérique 2, roi
de Prusse. Ses cendres sont au Panthéon. Principales oeuvres : Zadig, Candide, Micromégas pour les contes philosophiques et des essais
tels que essai sur les moeurs
ŒUVRE : Zadig est un conte philosophique écrit en 1747 qui
dénonce plusieurs formes d’intolérance
EXTRAIT : Cet extrait du conte condamne les
mauvais fonctionnement de la justice française derrière le masque
oriental. Zadig, le héros, a eu des désillusions amoureuses et s’est retiré à
la campagne pour étudier la nature.
LECTURE
STRUCTURE DU TEXTE :
1ère partie : Ligne 1 à Ligne 12 : l’épisode de la chienne perdue
2ème partie : Ligne 13 à Ligne 24 : l’épisode du cheval perdu
3ème partie : Ligne 25 à Ligne32 : la condamnation de Zadig
4ème partie : Ligne33 à fin ; La justification de Zadig
ANNONCE DE LA METHODE D’EXPLICATION:
Explication par axes :
1/ la forme de conte oriental
2/ la critique, la satire de la justice
3/ l’art de bien penser
ANALYSE METHODIQUE DU TEXTE
I.
La forme de conte oriental.
a.
forme du conte
_ " Un jour " Ligne1 : formule traditionnelle du conte.
C'est un embrayeur de genre.
_Les personnages choisis riches et nobles : le roi, la reine.
_Le héros typique du conte appelé par son prénom, seul face aux méchants, à la fin il est sauvé in extremis.
_Répétition de la structure entre la 1ére et la 2éme partie ; il
se promène, rencontre un serviteur, un animal est perdu, on le questionne, il
décrit l’animal puis déclare ne pas l’avoir vu.
b.
la présence de l’orient.
_ " Babylone " Ligne 15: nom de la ville
_ " les onucs " Lignes 2 et 7
: gardes du harem castrés chez les orientaux.
_ " Zadig " Ligne 6 : le prénom du héros
_ le " Desterham
" Ligne 27 : sorte de gouverneur chez les Perses
_ l’" Orosmade " Ligne39 :
principe du bien
_La manière dont Zadig s’adresse au juge Lignes 36,37
Voltaire glisse plusieurs allusions à l’Europe à l’intérieur du
contexte oriental :
_ " roi " et " reine " Lignes 6 et 18
différents de sultan et sultane
_ " espagneul " Ligne 8 chien européen
_ " palefrenier " et " grand veneur " L 15
_ " knout " L 27 (fouet) et " Sibérie " :
Russie
Ce décalage est voulu par Voltaire pour éveiller l’attention du
lecteur afin qu’il aille chercher un sens plus profond : montrer que la satyre
(critique par l’ironie) de la justice concerne non pas l’Orient mais l’Europe
et surtout la France
II.
La
satyre de la justice Voltaire condamne la justice européenne en mettant en
évidence l’injustice :
_Zadig doit payer l’amende avant de pouvoir s’expliquer Ligne 33
_ " La justice se soumet au Roi " Ligne 25 : Les juges
condamnent Zadig sans preuves simplement aux dires des serviteurs du Roi.
_Zadig est condamné trop sévèrement : exil à vie + knout pour
avoir volé un chien eu un cheval. Lignes 27 et 28
_Voltaire condamne la rapidité excessive du procès et du jugement
: juxtaposition " ; " suivi immédiatement de la relative " à
peine " Lignes 26 et 28
_Ironie : " Etoiles de justice, abîmes de science, miroir de
vérité " Ligne 26 . Cette citation souligne que
les juges ne sont ni justes, ni omniscients.
_Une série d’expressions apparemment flatteuses montrent ce que
pense vraiment Voltaire des juges : " la pesanteur du plomb, la dureté du
fer, l’éclat du diamant " Ligne 37 suggère que les juges sont corrompus,
sévères et stupides.
III.
L’art de bien penser
Voltaire condamne le fait que les juges n’utilisent pas leur
raison. En revanche Zadig , lui, l’utilise
correctement, Voltaire prône sa façon de raisonner.
Fonctionnement de Zadig :
_Observation et constat.
_Réflexion.
_Déduction logique :
" J’ai vu ... J’ai jugé " Lignes 42 et 43 " m’ont
fait connaître (...) ainsi " Lignes 45 et 46 " d’autres traces qui
paraissaient ... m’ont appris " Lignes 48 et 49 " comme j’ai remarqué
(...) j’ai compris. " Lignes 50 et 51.
Voltaire souligne également que ce que lui pense juste est rejeté
par la société c’est un danger d’être trop savant car cela implique de
s’opposer aux idées en place et de les remettre en cause. Allusion à la censure
et à la condamnation (exil). Il montre ainsi que celui qui pense juste est seul
dans la société.
CONCLUSION :
C’est un conte philosophique oriental mais qui contient des références très
claires à l’Europe. Voltaire fait une satyre de la
justice européenne et française en particulier. Il utilise l’ironie pour lui
reprocher son irone, sa cruauté, le fait qu’elle puisse être intéressée et
corrompue et qu’elle soit soumise au pouvoir du Roi.
Voltaire ici rejoint de nombreux philosophes du 18ème siècle qui
souhaitaient une réforme de la justice. cf. l’article Torture de l’Encyclopédie.